""Pour le bien de son service et soulagement de ses sujets". Le parlement de Toulouse face aux nécessités publiques (1610-1652)", soutenance de thèse de M. Tom Le Crom
le 4 novembre 2020
9h00
Arsenal
Salle des Thèses

Intitulé : "Pour le bien de son service et soulagement de ses sujets". Le parlement de Toulouse face aux nécessités publiques (1610-1652)
Résumé :
Menacé dans sa substance au milieu du XVIIe siècle, le parlement de Toulouse produit un discours en contradiction avec le développement de  la  puissance  absolue  du  prince  et  de  la  centralisation  monarchique.  Dans  ses  remontrances,  la  cour  souveraine  rappelle  au roi  par  un argumentaire historique qu’elle est instituée : « pour le bien de son service et soulagement de ses sujets ». L’expression trace les lignes de forces structurant l’action parlementaire. Elle traduit la nécessité pour le parlement d’affirmer sa place dans l’intervalle défini par le double serment prêté au service du roi et à l’intérêt du public. Car entre ces deux jalons figure un espace d’autonomie dans lequel s’épanouit son autorité. Inquiet de voir ses libertés corrompues, il demande que lui soit laissé « le libre exercice de la justice souveraine ». Le parlement se pense et se donne à voir dans le récit de sa propre institution et les arrêts de sa cour, comme une partie fondamentale de l’État monarchique, pouvoir souverain, juge et gardien de la norme juridique. Néanmoins, la mise à l’épreuve de ce discours avec la réalité du positionnement parlementaire toulousain depuis la mort de Henri IV et l’affirmation progressive du pouvoir absolu dans un moment de crises extrêmes pour le royaume, tend à substituer l’image d’un parlement obéissant à la représentation d’une cour souveraine résistante. Bien qu’au XVIIe siècle, le discours de transgression et de résistance à l’ordre royal tende à revisiter, souvent à l’excès, les années fécondes henriciennes, elles n’en sont  pas  moins  une  réalité.  Elles  contrastent  avec  le  recommencement  des  crises  dans  le  royaume  à  partir  de  1610,  lesquelles  touchent directement le ressort du parlement de Toulouse : guerres civiles, guerre étrangère, crise économique, peste... Après 1652, la Fronde  est terminée en Languedoc. Le retour de l’ordre est accompagné d’un essoréconomique et démographique dans la province, et plus généralement dans le ressort de la cour, durant une vingtaine d’années. La période située entre les repères 1610-1652 est révélatrice de l’ambiguïté de l’action parlementaire toulousaine. Le premier XVIIe siècle pourrait être un moment de résistance ouverte pour la cour souveraine, mais sans renoncer à la défense de ses prérogatives face au pouvoir absolu grandissant, elle montre un engagement circonspect. Ses intentions rebelles sont  modérées  par  sa  résolution à préserver le bien commun et l’unité du royaume. La cour souveraine adopte une trajectoire singulière, conditionnée  par  les  nombreuses  situations  de  nécessités  auxquelles  elle  doit  répondre.  La  présente  étude  confronte  la  représentation  du parlement, potentiel voire inéluctable contre-pouvoir, avec la réalité et la diversité de ses prétentions politiques et de sa production juridique. Elle se propose d’analyser l’action du parlement de Toulouse pris dans les convulsions du royaume, entre les besoins de l’État et ceux des sujets de son ressort, de 1610 à 1652. La multiplication des crises et sa situation géographique conditionnent la nature de son engagement envers la monarchie, pour les sujets, et à l’égard de ses propres causes. Alors qu’il défendle bien public et l’unité du royaume, il apparaît moins occupé à lutter contre la transformation du gouvernement au sommet de l’État, qu’à maintenir et repousser les limites horizontales de son pouvoir

Mots-clés : Parlement de Toulouse, Nécessités publiques, Repos public, Ancien Régime,

Composition du jury :
Madame Christine Mengès-Le Pape, Université Toulouse 1 Capitole (directrice de thèse).
M. François Saint-Bonnet, Université Paris 2 Panthéon-Assas (rapporteur)
Mme Virginie LEMONNIER-LESAGE, Université de Bourgogne (examinateur)
M. Jacques KRYNEN, Université Toulouse 1 Capitole (examinateur)
M. Paolo ALVAZZI DEL FRATE, Université Rome 3 (rapporteur)

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